Au loin des nuages gris se rapprochaient, quelques gouttes d’eaux tombaient, le temps était maussade. La gente demoiselle se tenait accrochée au pont, attendant avec impatience de revoir la terre, si près et pourtant si loin. A la prochaine escale, elle irait s’acheter de nouveaux vêtements, elle avait beau laver ceux qu’elle avait, ils étaient à présent ternis par le sel de la mer. Les gouttes ruisselaient le long de son visage, ça faisait du bien un peu de fraîcheur, le soleil avait tapé fort ses derniers jours, laissant quelques marques sur la peau de la demoiselle.
Plop..Plop… c’est le bruit que faisaient les gouttes en tombant sur le navire, Alicia alla se mettre à l’abri dans la cabine du capitaine, elle y avait emménagé depuis de longs jours, cette endroit lui paraissait toujours aussi sombre, aussi neutre, dénudé de sentiments. La petite bourgeoise s’installa devant le bureau, Vin’S avait oublié de ranger la boite où il mettait tous ses écrits, la jeune fille la regarda longuement hésitant entre lire et ne pas lire. Le jour c’était assombrit, l’adolescente alluma une lampe, dehors la pluie tombait à torrent, quelques éclairs apparaissaient par le hublot, la mer se déchainait.
La bourgeoise des eaux comme l’appelait les marins, posa ses doigts délicats, sur la boite de ferraille, la froideur de celle-ci la fit frissonner. Elle ouvrit le couvercle et en retira la première feuille, qui était la dernière que Vin’S avait écrit, elle était joliment calligraphié. C’était une lettre qui était adressée a une certaine Alizée, voila d’où venait le nom, du bateau. Alicia se mit à la lire.
Ma très chère Alizée,
Je t’écris cette énième lettre, je sais que tu ne la liras pas, que tu ne la recevras pas, mais si tu savais à quel point ça me fait du bien. Je suis entouré de tous ses gens et pourtant je me sens si seul.
Te souviens-tu de l’odeur des oliviers, te souviens-tu quand nous allions gaiement sur le sentier ? Tout ces instants magiques, nous ne les revivrons plus, tu as gagné mon cœur et il te restera fidèle à jamais. Oh ma bien aimée, si tu savais comme ton odeur me manque, comme ton toucher me manque. Je vogue sur les flots attendant le moment ou je te ….
Alicia fut coupée dans sa lecture, par les cris des marins, les éléments s’acharnaient sur le bateau, qui basculait de gauche à droite, les éclairs étaient beaucoup plus présents. La demoiselle reposa la lettre et ferma la boite. D’un pas rapide elle se dirigea vers l’extérieur. L’équipage courait dans tous les sens, faisait en sorte que le bateau ne dévît pas la trajectoire et qu’on ne chavire pas, l’eau tombait à flot. Alicia avait les cheveux totalement trempés, son cœur battait vite, très vite.
« Un homme à la mer !!»
Un homme venait de tomber, la demoiselle se précipita vers le bord, on le voyait se débattre, il se battait contre la mer. C’était un spectacle affreux, et personne ne bougeait, personne ne l’aidait, ils étaient tous occupés à leur poste. Sans même trop réfléchir, la demoiselle enleva sa robe, elle se retrouva en bas devant tous ses hommes, mais à cet instant précis ça lui était égal. Alicia grimpa par-dessus bord, prête à sauter.
Elle entendit le murmure de Vin’S lui dire « non, ne faîtes pas ça ». La demoiselle le regarda un instant, jamais elle n’aurait put se pardonner si elle le laissait là, en quelques seconde son corps alla contre les vagues, elle remonta à la surface avec du mal, malgré le fait quelle était une très bonne nageuse. Le froid attaquait la peau de la demoiselle, elle avait froid. Alicia bougeait ses membres avec difficulté, de temps en temps sa tête n’était plus visible à la surface. L’eau l’emportait au fond, elle remontait assez difficilement, quand elle sentit qu’on la tira vers le haut, elle ouvrit les yeux c’était Vin’S qui était accroché a une corde, afin qu’on ne le perde pas.
Vin’S força la jeune fille à se tenir à la bouée qui était au bout de la corde, mais Alicia le repoussa il était hors de question qu’elle laisse un homme mourir devant ses yeux c’était impensable, du moins pour elle. Ca la hanterait à vie, elle le savait, elle se mit à crier afin de se faire entendre.
« Je ne vais pas le laisser mourir… »
Elle n’en faisait qu’à sa tête, avec inconscience, elle pouvait mourir emportée par une vague d’une minute à l’autre. Le capitaine avait beau essayer de la raisonner, de la faire tenir la bouée, mais celle-ci se débattait. La joue d’Alicia devint tout à coup chaude, Vin’s venait de la gifler, il la tirait à présent vers la bouée. La jeune fille n’osait plus rien dire, jamais on ne l’avait giflée jusqu’à présent.
Sa joue lui faisait mal, elle regardait Vin’S d’un air froid, elle était en colère, il avait laissé cette homme mourir devant leurs yeux. Alicia avait les larmes qui lui montaient, elle voyait à peine le paysage avec toute cette pluie, elle tourna la tête, et vît le corps disparaitre dans le néant. Apres quelques minutes, Vin’S et Alicia se firent hisser par la corde, les marins, avaient tous quittés leurs poste, il était hors de question qu’ils laissent leur capitaine périr de la sorte.
Arrivée en haut, le petit potelé aida la demoiselle à remonter dans le bateau, l’eau coulait à flot le long des ses sous vêtements, la tempête commençait tout juste à se calmer. Vin’s prit Alicia par le bras et la mena jusqu'à la cabine, il se dirigea vers un placard d’où il sortit deux serviettes.
« Déshabillez-vous ! »
La jeune fille le regarda, ses joues avait prient une teinte rose. Vin’S La regarda, il lui balança une serviette et coupa la pièce en deux avec un drap. La demoiselle attrapa la serviette et se sécha, elle mît la chemise que Vin’S lui avait sortit. Puis elle entendît la voix de Vin’S, elle était glaciale.
« Vous êtes inconsciente, vous vous rendez compte que vous auriez put périr ? »
La petite femme avait le teint blanc sauf à l’endroit ou l’homme l’avait giflée, elle tremblotait, elle était frigorifiée, il devait faire moins dix dans l’eau. La petite blonde, prit la couverture qui se trouvait sur le lit et l’enfila sur son Corps.
« Je ne voulais pas voir cet homme mourir devant moi. Personne n’a été l’aider !! »
L’homme avait l’air agacé, il enleva le drap, le chiffonna et le lança dans un coin. L’atmosphère était tendue, il y avait des moments de blanc, des regards froids. Il fît même un soupir d’exaspération.
« On ne pouvait rien faire, il était bien trop loin !! J’aimerais bien s’il vous plait vous ramenez en un seul morceau, vous ne sortirez plus de cette cabine !! On arrive dans deux jours, après vous faites ce que bon vous semble ! Je ne veux pas avoir la mort d’une gamine sur ma conscience ! »
Alicia se releva d’un bond faisant tomber la couverture, là c’était trop ; ça bouillonnait à l’intérieur de son corps. La tempête s’était calmée à l’extérieur mais à l’intérieur c’était tout autre chose. Les poings serrés le long de son corps elle s’écria d’une voie glaciale.
« Je ne suis pas une gamine !!! »
Vin’S La transperça par son regard, il se dirigea vers la porte et la claqua violement. La petite bourgeoise se rasseya, elle était indignée qu’on puisse la prendre pour une gamine. Depuis la mort de son père elle avait été habituée à se débrouiller seule, sa mère ne faisait plus rien pour elle. La demoiselle avait murie plus vite qu’il ne l’aurait fallut. Elle s’allongea sur le lit, afin de se réchauffer un peu.
L’image de l’homme disparaissant sous l’eau lui revenait en mémoire, sans même s’en rendre compte les larmes roulaient le long de ses joues, elle était épuisée par ce long voyage et le peu de famille qu’elle avait lui manquait. Le temps dehors s’était calmé, c’était toujours aussi sombre, la nuit était tombée, le calme était revenu sur le bateau et ça faisait du bien de ne pas sentir le bateau tanguer autant.
La jeune fille avait beau essayer de penser à autre chose, mais elle n’y arrivait pas, cet homme avait peut être une femme, des enfants, qu’allaient-ils devenir, leur père était mort en mer ? Un jour où son propre père était partit en mer, il avait prit son nouveau bateau, il voulait à tout prix l’essayer, Alicia et sa mère, avait regardé le bateau partir par la fenêtre de la salle, d’où on voyait la mer. Jamais la gamine ne se serait douté qu’elle ne reverrait plus cet homme à qui elle tenait tant.
Les semaines suivantes, les gardes et les villageois avaient cherché un cadavre sur les rivages, ou une carcasse de bateau, mais rien. Ils n’avaient rien retrouvé. La petite aimait à croire que son père était encore en vie, peut être est-il dans une ile déserte, peut être était il devenu amnésique ? Jamais elle ne pourrait enterrer son père sans corps, c’est sûrement pour cela qu’elle avait voulut aider le marin, pour ne pas qu’un petit garçon ou une petite fille se retrouve dans la même situation qu’elle.
Perdre quelqu’un de cher est la seule chose qu’on ne puisse pas souhaiter à quelqu’un, c’est comme si il nous manquait un bout de nous même, comme si on se retrouvait seul, seul parmi tout ce monde. C’est dur de se dire qu’on ne reverra plus cette personne, on aime croire qu’elle puisse nous voir de là haut. En pensant à tout ça Alicia avait totalement oublié la lettre, elle ne poserait plus de question a Vin’s, ça c’était inconcevable à présent, si jamais il se rendait compte que la demoiselle avait fait sa curieuse, elle finirait surement dans les calles.
La phrase de Vin’S résonna de nouveau, dans deux jours, elle allait revoir ses proches, dans deux longs jours. Comment allait-elle être accueillit, elle espérait au fond d’elle que sa mère lui apprenne sa rupture avec son beau père, c’était inespéré, mais on pouvait toujours rêver, comment avait-elle put tomber amoureuse de cet homme sans scrupule. Quelques heures avaient passées et Vin’S était de retour dans la cabine, il se dirigea vers son bureau sans même regarder la petite. Il prit sa plume et la fît glisser contre le papier, il s’arrêta un instant et regarda sa boite.
L’homme se retourna un instant vers Alicia le regard perçant, La demoiselle s’enfonça un peu plus dans la couverture. Et si jamais il avait vu qu’Alicia avait regardé dans la boite ? La petite se sentait mal, puis la voix de l’homme raisonna dans la pièce.
« Vous devriez dormir, vous avez eu assez d’émotions pour ce soir. »
La jeune fille soupira, ce n’était pas à cause de sa boite qu’il l’avait observée, en un instant elle tomba dans les bras de Morphée.
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